Chassez le naturel, il revient au galop. Certainement habitués à la pratique de corruption sur le sol malgache, ils ne pouvaient pas s’en empêcher ailleurs. Ils, ce sont les trois individus, issus du personnel de la représentation permanente de Madagascar à l’ONU, à New York. Des enquêtes menées par les enquêteurs du Bureau indépendant anticorruption (Bianco), en collaboration avec l’administration du Trésor public malgache, les impliquent dans des affaires de corruption grave.

En effet, au cours de l’année 2014, le Bianco a été saisi d’une dénonciation de faits de corruption et de détournement de deniers et de biens de l’Etat perpétrés au niveau de la représentation permanente de Madagascar à l’ONU à New York. Cela concerne notamment la vente en 2007, au nom de l’Etat malgache, de la résidence de Madagascar à New York, un ancien bâtiment centenaire situé dans le quartier de Manhattan.

Le prix de la vente déclaré serait de 8 millions de dollars alors que le prix exact serait de 12 millions de dollars. Cette même année, l’Etat malgache aurait fait l’acquisition d’une nouvelle résidence et d’une chancellerie. En plus des doutes sur l’utilisation des recettes issues des transactions, les procédures de passation du marché afférent ont été dénoncées auprès du Bianco.

La mission permanente de Madagascar auprès de l’ONU aurait également loué pendant 3 ans une voiture sans avoir respecté la procédure de passation des marchés publics. A la fin du leasing le véhicule en question aurait été immatriculé au nom d’un membre de la représentation. La dénonciation faite auprès du Bianco fait également état d’un recrutement suspect d’un personnel qui perçoit des salaires auprès de l’Ambassade mais qui n’occupe aucun poste.

Mais il a également été dénoncé la gestion suspecte des crédits alloués au remboursement des frais d’hospitalisation, de soins et de médicaments du personnel de la représentation diplomatique de Madagascar à l’ONU.

Dans un premier temps, en 2011, le FBI a déjà ouvert une enquête diligentée par le parlement américain sur le compte suspect de cette représentation permanente de Madagascar auprès de l’ONU. Cela, à cause certainement de cette vente douteuse de l’ancienne résidence de l’ambassade à Manhattan. Cette enquête avait abouti à la fermeture forcée du compte bancaire de la représentation de Madagascar à New York.

Les enquêteurs du Bianco se sont rendus à New York. Les enquêtes qu’ils ont menées ont permis de relever des indices sérieux de commission d’infractions d’abus de fonction, de favoritisme, de prise d’avantage injustifié, de faux et usage de faux, et de trafic d’influence. Les préjudicies de l’Etat pourraient s’élever jusqu’à plus de un milliard d’ariary. L’enquête étant bouclée, le dossier se rapportant à cette affaire a en été transmis hier au Pôle Anti-Corruption (PAC).

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